Du premier vol vers New York en 1946 à l’abandon pur et simple d’une base historique en 2026, Air France tourne le dos à des décennies d’histoire sociale et industrielle à Aéroport de Paris-Orly.

Le 24 juin 1946, un Douglas DC-4 s’élançait d’Orly pour relier New York. Ce vol inaugurait bien plus qu’une ligne : il symbolisait un service public ambitieux, une présence nationale forte, et des emplois ancrés sur le territoire.

Près de 80 ans plus tard, ce samedi 28 mars 2026, c’est une tout autre logique qui prévaut. À 21h55, un dernier vol en provenance de Nice marquera la fin d’une époque. Désormais, la compagnie abandonne Orly pour concentrer ses opérations à Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.

 

 

Une décision purement financière

Derrière les mots « lignes structurellement déficitaires », la direction justifie une stratégie bien connue :

  • réduction des coûts à tout prix,
  • abandon progressif du réseau domestique,
  • mise en concurrence des salariés.

Cette décision interroge : faut-il sacrifier des emplois, un savoir-faire et un maillage territorial au nom de la seule rentabilité ?

Une externalisation déguisée

Les créneaux libérés à Orly ne disparaissent pas : ils sont transférés à Transavia.
Autrement dit, l’activité continue… mais avec :

  • des conditions sociales dégradées,
  • des salaires plus faibles,
  • une pression accrue sur les personnels.

Pour beaucoup, cela ressemble à une délocalisation interne, au sein même du groupe.

Une rupture avec l’histoire sociale

Orly n’était pas qu’un aéroport : c’était un lieu de travail, de luttes, de solidarité entre générations de salariés.
En quittant cette plateforme, Air France efface une partie de son identité et de son histoire collective.

Ce départ ne marque pas seulement la fin d’une ligne ou d’une base.
Il pose une question plus large : quel avenir pour le transport aérien public, et à quel prix social ?

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