Un militant au cœur des luttes syndicales et politiques
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J’ai connu Pierrot alors que j’étais en charge de la section CGT d’Orly Nord et qu’il militait activement à la DM LI, avec Léo Mage, entre autres. Puis il a progressé et a pris ma suite lorsque je suis retourné en production à la GV, en 1975, pour me refaire professionnellement après dix ans comme permanent (CE, CCE, section). Je suis ensuite parti à la Postale en 1979, où je suis resté jusqu’à ma retraite en 1994 (départs Attali). J’ai revu Pierrot lors de nos rassemblements et de nos vacances à Guidel. C’était un camarade bienveillant, convaincu et à l’écoute des autres, qui a fait du bon boulot pour le syndicat et son parti. Je garde de lui un souvenir ému, en pensant aux joyeux moments passés ensemble dans les luttes comme dans nos loisirs. Sacré Pierrot ! Michel Millet |
C'est à la fête de l’Humanité, que les militants de l'USRAF CGT et du Parti communiste ont évoqué avec émotion le parcours militant de Pierrot, qui est devenu secrétaire de la section CGT Orly Nord. À cette époque, le site de maintenance où il militait est présenté comme un véritable lieu de lutte, situé à la pointe des combats aussi bien syndicaux que politiques. Cette période est ainsi décrite comme particulièrement importante dans l’histoire collective des militants qui l’ont connue.

Patrice Gaudemard revient avec émotion sur la disparition successive de plusieurs proches — Lucie, Pierrot et son épouse — et constate avec une certaine résignation que « c’est la vie ». Malgré ces pertes, il affirme conserver de très nombreux souvenirs de Pierrot.
Parmi ces souvenirs, il raconte une phrase prononcée par Pierrot il y a environ quarante ans. Celui-ci lui avait parlé d’un « petit jeune » dont il était convaincu qu’il « allait cartonner ». Ce jeune homme était son filleul, Fabien Roussel, puisque Pierre était son parrain. Cette anecdote est présentée comme un symbole de la confiance que Pierrot plaçait dans les nouvelles générations et de la transmission entre militants.
Patrice Gaudemard souligne également les origines communes du Nord et se réjouit de la présence de Fabien à la fête de l’Humanité. Il rappelle que Fabien tenait absolument à rendre hommage à Pierrot pendant cette journée et estime qu’il aurait été regrettable de passer à côté de ce moment important. Il évoque ainsi une véritable « belle transmission » entre Pierrot et son filleul.
Le témoignage revient ensuite sur le parcours syndical de Pierrot. Lorsque Patrice Gaudemard est arrivé à Air France en 1974, Pierrot était secrétaire de la CGT. Cette fonction et les nombreuses années passées à ses côtés ont laissé une multitude de souvenirs. L’hommage est donc aussi celui d’un militant reconnu au sein d’Air France et d’une génération syndicale dont l’engagement a marqué durablement ceux qui lui ont succédé.
Un hommage personnel à un parrain et à un militant engagé
Fabien prend ensuite la parole pour évoquer celui qu’il appelait simplement « mon parrain ». Il annonce que Pierre est mort d’un cancer quelques jours auparavant, et exprime sa douleur face à cette maladie qui emporte de nombreux proches dans les familles. Il indique que la question du cancer pourrait devenir un sujet qu’il abordera au cours de sa campagne, tant elle constitue une réalité importante pour de nombreuses personnes.
Il décrit Pierre comme un militant syndical profondément engagé, qui a consacré toute sa vie à son entreprise, à la défense du droit du travail et des salariés d’Air France. Mais son engagement dépassait largement le cadre professionnel. Pierrot défendait également la paix, combattait l’apartheid et soutenait l’émancipation des peuples. Fabien le présente comme « un bel homme » ayant consacré son existence à des idéaux centrés sur l’être humain, le progrès social et la justice.
Pierre occupait une responsabilité importante au sein de la CGT : il en était le dirigeant et le permanent, celui qui était disponible pour répondre aux questions, accompagner les salariés et les aider dans leurs difficultés individuelles. Mais cette fonction impliquait également d’affronter les attaques et les difficultés. Fabien insiste sur le fait que son parrain « prenait tous les coups », comme beaucoup de militants et de dirigeants syndicaux. Malgré cela, il est toujours resté debout, continuant à se battre et refusant de renoncer.
Une transmission familiale et politique qui doit se poursuivre
Fabien Roussel explique que Pierrot lui a transmis une grande partie de ces combats. Cet héritage s’inscrit également dans une histoire familiale : son père et sa mère étaient eux aussi des militants. Mais son parrain occupait une place particulière, notamment par son engagement syndical au sein d’Air France, une entreprise dont il parlait très souvent à son filleul.
L’émotion est particulièrement forte parce que les funérailles de Pierre ont lieu le jour même de cette prise de parole. Fabien regrette de ne pas avoir pu assister à son enterrement et de ne pas avoir pu lui dire au revoir, retenu par sa présence à la fête de l’Humanité et par le débat auquel il participe. Il présente néanmoins ce choix comme une forme de continuité de l’engagement : son parrain, qui n’avait lui-même jamais manqué une fête de l’Humanité, aurait probablement souhaité qu’il soit présent pour poursuivre les combats auxquels ils croyaient.
La prise de parole devient alors un véritable adieu public. Fabien remercie les personnes présentes de lui avoir permis de rendre hommage à son parrain et de lui dire au revoir dans ce cadre. Il affirme surtout que l’œuvre et les combats de Pierre ne s’arrêteront pas avec sa disparition : tout ce qu’il a défendu doit continuer à être porté « sans rien lâcher », avec combativité, mais aussi avec une volonté de vivre, de fraternité et de solidarité.
La fierté des salariés d’Air France et la continuité du combat
En conclusion, Fabien s’adresse directement aux militants et aux salariés d’Air France présents dans l’assemblée. Il leur demande d’être fiers de ce qu’ils ont accompli et de leurs combats. Il les encourage à poursuivre leur engagement et à rester dignes de l’héritage laissé par Pierre Delelis, surnommé affectueusement Pierrot.
L’hommage dépasse ainsi la seule mémoire d’un homme disparu. Pierre apparaît comme un symbole d’un engagement collectif : défense des salariés, justice sociale, droits du travail, paix, lutte contre l’apartheid et solidarité entre les peuples. À travers Fabien et les militants présents, cet héritage est appelé à se prolonger. Le message final est celui de la fidélité aux convictions de Pierrot, de la combativité et de la fraternité, valeurs qui permettent aux militants de « tenir debout » malgré les épreuves.

